Archive for novembre, 2009
Une Burundaise à la commission d’enquête de l’ONU sur les massacres en Guinée Conakry
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a désigné trois personnalités africaines, dont deux femmes et l’ancien ministre algérien Mohamed Bedjaoui, pour composer la commission d’enquête sur les massacres du 28 septembre en Guinée. Ban Ki-moon a annoncé vendredi que M. Bedjaoui présidera cette commission, et les deux autres membres seront Françoise Ngendahayo (Burundi) et Pramila Patten (Ile Maurice), a précisé la porte-parole, Michèle Montas.
Mme Ngendahayo qui vient d’être nommée dans la commission chargée d’enquêter a été ministre de la solidarité, des droits de l’homme et du genre, ainsi que ministre pour le rapatriement et la réintégration des personnes déplacées du Burundi. Elle a aussi été conseillère pour les questions liées au genre et l’assistance aux victimes au Tribunal pénal international sur le Rwanda. Elle était juste là membre du comité de pilotage chargé des consultations nationales, en prélude de la mise en application des mécanismes de justice transitionnelle au Burundi. L’autre femme, l’Avocate Mme Patten est membre du Comité des Nations Unies pour l’élimination des discriminations contre les femmes. Le président de la commission M. Bedjaoui lui est diplomate, juriste et ancien ministre des affaires étrangères. Il a été notamment juge à la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance juridique de l’ONU, et président du Conseil constitutionnel algérien.
Les trois membres de la commission sont attendus prochainement à New York pour rencontrer M. Ban, avant de se rendre à Genève et en Guinée, comme l’a annoncé le porte parole de Ban Ki-moon. Elle a également précisé que le bureau du Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme à Genève apportera son soutien à la commission. Le Burundi se dit fortement honoré par la nomination de Mme Ngendahayo dans cette commission, et ne doute pas qu’elle mettra à profit son expérience pour aider à déterminer les responsabilités dans ces massacres sans nom.
Rappelons que le capitaine Camara envisageait se présenter aux présidentielles prévue en janvier, et l’opposition est descendue dans la rue le 28 septembre 2009 pour protester. La manifestation de l’opposition avait réprimée dans le sang par la junte au pouvoir à Conakry. Le gouvernement de Moussa Dadis Camara a avancé un bilan officiel de 56 civils morts et 934 blessés, tandis que l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme estime que plus de 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées, dont de nombreuses femmes violées en public. L’ONU a quant à elle évoqué un bilan d’au moins 150 morts.
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