Une Burundaise à la commission d’enquête de l’ONU sur les massacres en Guinée Conakry
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a désigné trois personnalités africaines, dont deux femmes et l’ancien ministre algérien Mohamed Bedjaoui, pour composer la commission d’enquête sur les massacres du 28 septembre en Guinée. Ban Ki-moon a annoncé vendredi que M. Bedjaoui présidera cette commission, et les deux autres membres seront Françoise Ngendahayo (Burundi) et Pramila Patten (Ile Maurice), a précisé la porte-parole, Michèle Montas.
Mme Ngendahayo qui vient d’être nommée dans la commission chargée d’enquêter a été ministre de la solidarité, des droits de l’homme et du genre, ainsi que ministre pour le rapatriement et la réintégration des personnes déplacées du Burundi. Elle a aussi été conseillère pour les questions liées au genre et l’assistance aux victimes au Tribunal pénal international sur le Rwanda. Elle était juste là membre du comité de pilotage chargé des consultations nationales, en prélude de la mise en application des mécanismes de justice transitionnelle au Burundi. L’autre femme, l’Avocate Mme Patten est membre du Comité des Nations Unies pour l’élimination des discriminations contre les femmes. Le président de la commission M. Bedjaoui lui est diplomate, juriste et ancien ministre des affaires étrangères. Il a été notamment juge à la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance juridique de l’ONU, et président du Conseil constitutionnel algérien.
Les trois membres de la commission sont attendus prochainement à New York pour rencontrer M. Ban, avant de se rendre à Genève et en Guinée, comme l’a annoncé le porte parole de Ban Ki-moon. Elle a également précisé que le bureau du Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme à Genève apportera son soutien à la commission. Le Burundi se dit fortement honoré par la nomination de Mme Ngendahayo dans cette commission, et ne doute pas qu’elle mettra à profit son expérience pour aider à déterminer les responsabilités dans ces massacres sans nom.
Rappelons que le capitaine Camara envisageait se présenter aux présidentielles prévue en janvier, et l’opposition est descendue dans la rue le 28 septembre 2009 pour protester. La manifestation de l’opposition avait réprimée dans le sang par la junte au pouvoir à Conakry. Le gouvernement de Moussa Dadis Camara a avancé un bilan officiel de 56 civils morts et 934 blessés, tandis que l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme estime que plus de 157 personnes ont été tuées et 1.200 blessées, dont de nombreuses femmes violées en public. L’ONU a quant à elle évoqué un bilan d’au moins 150 morts.
Les aventures ABC.
Après la pluie, le beau temps…..Ce n’est pas moi qui l’ai dit mais, ça ne m’empêche pas de le vivre. Rien avoir avec le stress des jours de travail, là ce sont les vacances. Sous le soleil, pas dans le feuilleton mais du réel, du concret. Une aventure qui frise la folie. De quoi s’agit il au fait?
ABC, n’est rien d’autre qu’un groupe de touristes improvisé, qui se sont décidés de faire un tour dans la région des grand lacs. Alice la burundaise, Bernard l’allemand, et Catherine la française. vous avez là le fameux trio à la découverte des pays des grands lacs.
1er jour:
Tout commence un vendredi après midi, sous un soleil accablant. Les trois mousquetaires montent à bord de la jeep SK 1076 BB, loué pour faciliter le périple. Le voyage de Bujumbura, la capitale burundaise jusqu’à Ruhwa, à la frontière rwando-burundaise se passe sans incident particulier. Mais déjà au moment de l’enregistrement du côté burundais, les tracasseries commencent, avec la carte d’entrée du véhicule, qui devait disait-on être obtenu à la frontière de Gatumba où le véhicule est passé pour entrer. Négociation à la burundaise, entendez par là longue, et surtout dialogue de sourd, parce que votre interlocuteur ne vous dit pas exactement ce qu’il attend de vous. Après plus d’une demi heure de discussion, notre ami le policier fini par nous laisser partir, en prenant le soin de prendre mon numéro de téléphone, pour me rappeler à mon retour. Je savais ce que cela voulait dire. Un billet de dix mile francs bu glisser dans sa main, loin des yeux indiscret ferait l’affaire.
Du côté rwandais, nous passons sans aucune difficulté. Mais déjà on avait accusé un retard et les risques de ne pas traverser la frontière rwandaise du côté de Cyangugu pour passer la nuit à Bukavu en RDC, commençait à se faire sentir. La solution était de rouler vite pour rattraper le temps, mais cette alternative ne risquait pas de nous servir sur le territoire rwandais où vous tomber sur les policiers à chaque km.
Nos craintes se confirment lorsque nous arrivons à la frontière de Ruzizi II, elle était bel et bien fermée. Solution de rechange,il fallait se résoudre à passer la nuit sur le territoire rwandais à l’hôtel du Lac.
Ne pas parler de la gastronomie de ce soir là serait un crime de lèse majesté. IGISAFURIYA….Bernard doit s’en rappeler parce que sinon il va payer 10 euros pour qu’on lui rappelle le nom « ça c’est l’une des meilleurs blague de Catherine ».
C’est donc quoi ce GISAFURIYA? Il s’agit d’une cuisine rwandaise un peu spécial. On prépare de viande bœufs, de chèvre ou le poulet selon votre choix, avec des pommes de terre, des bananes, des spaghettis, des petits poids, etc…Le tout ensemble dans une même casserole. Huuummmmm délicieux , dira Bernard à la vue du plat. Après un tel voyage, et un copieux repas à la rwandaise, il ne pouvait suivre qu’un long et profond sommeil.
Le premier jour était terminé. Quel drôle de journée, le voyage s’annonçait déjà plein de surprise et d’événements. Bienvenu dans le tourisme amateur.
A suivre…..
C’est toujours pas marrant la vie
Vous est-il arrivé de vous reveiller avec l’envie de tout envoyer balader? Se sentir vide à l’intérieur de soi? Et bien c’est la période que je viens de traverser. Heureusement j’ai passé le cap. J’ai été absente sur le blog tout simplement parce que je ne me retrouvais pas dans mon quotidien.
J’ai bati ma vie autour de ma profession. Seulement cet engouement que j’avais pour mon métier a subit quelques coups durs. Le Burundi traverse une période sensible où être journaliste n’est vraiment pas de la mer à boire. Le geste que vous posez, la personne que vous saluer dans la rue, la question que vous posez dans une interview ou tout simplement l’appréciation que telle ou telle autre personne peut porter sur vous, ne font que nourrir la matière grise de vos confrères qui, au lieu de vous juger par votre travail, vous font plutôt porter des casquettes de tel parti ou mouvement politique.
Cela n’est à la limite pas grave, on en a connu sur tous les régime, mais quand certian ténors de ce régime ont de quoi se reprocher , vous êtes sûr que vous allez en payer les frais. Je sais de quoi je parle, vous pouvez me croire. Vous comprennez que ce n’est toujours pas marrant quand vos collègues vous pointent du doigt chaque fois qu’il y a une arrestation, un détournement des fonds publics, une bavure politique de toute nature; histoire de vous dire: c’est votre parti qui a fait ça.
Il m’est déjà venu à l’idée de m’engager en politique pour que je sois au moins responsable de ce que je fais et non ce que l’on pense de moi, mais j’ai compris que mon métier passait avant toute chose, et que je ne quitterai pas rien que pour faire plaisir à ce qui croient que je fais de la politique en cachette.
Par moment ça vous donne en vie de tout laisser tomber. On arrive même à detester son métier, mais le temps des émotions fini, vous vous rendez compte que la vie est faite de bas et de haut. Et voilà, je suis là.
Une mission de maintien de la paix dans un pays ravagé par la guerre : Quelle contradiction ?
Le Burundi est en deuil. L’attentat suicide à la voiture piégée dans le dispositif du contingent burundais qui a fait 11 morts et 15 blessés, vient de porter à 16 le nombre de militaires burundais déjà péri en Somalie.
L’arrivée tristement mouvementée des corps des défunts à l’aéroport international de Bujumbura, n’aura été accueilli que par des pleurs des familles, amis et proches des victimes de cette barbarie sans nom.
Enterrer des militaires, c’était devenu presque une habitude pour un Etat major qui sort fraichement de la guerre. Seulement aujourd’hui, le clairon aux morts sonne dans des circonstances plus douloureuses. Des militaires envoyés dans une soi-disant mission de maintien de la paix ; reviennent en cercueil…
La Somalie, tout le monde s’en souvient. C’est un pays tristement célèbre pour ses guerres interminables. Avant les burundais, d’autres missions y sont allées. Les éthiopiens et les ougandais ont préféré plier bagage, parce que tout simplement la mission de l’AMISOM, n’était pas clair. Les burundais eux, sont restés. Mais avant l’AMISOM, les américains étaient passés par là..L’histoire rappellera longtemps comment ces militaires hautement entrainés et armés jusqu’aux dents, ont fui la Somalie sans crier gare.
C’est vrai que les morts sont morts, et on n’y reviendra pas longtemps. Seulement d’autres restent sur le champ, à la merci des insurgés somaliens. La mission de ces pauvres militaires étant soi disant de maintenir la paix dans un pays où leur présence est indésirable. Plusieurs membres du gouvernement somaliens en exil en Djibouti les traitent d’envahisseurs, et demandent à la population d’organiser une révolte populaire pour les faire partir de Mogadiscio.
Le Burundi avait déjà formulé la demande que la mission du contingent burundais en Somalie soit revue pour qu’elle cadre avec la situation sur terrain. Mais la réponse est tombée ce lundi alors que les corps des victimes arrivaient à l’aéroport international de Bujumbura. Il est hors de question de changer la mission de l’AMISOM, elle restera dans le cadre du maintien de la paix, rien que ça.
La réponse est on ne peut plus clair, mais ce qui est paradoxale par contre, c’est que le gouvernement burundais persiste et signe, que ses troupes ne vont pas quitter Mogadiscio : Bravo. Maintenir la paix dans un pays ravagé par la guerre, et qui de surcroit ne veut pas de votre présence, au point d’empêcher les policiers et militaires somaliens de collaborer avec les troupes étrangères…reconnaissons que c’est une contradiction qui frise le ridicule.
Les insurgés eux, ont déjà averti les troupes burundaises qu’ils vont les attaquer jusqu’au dernier. Et la question est : Jusqu’à quand le Burundi va-t-il accueillir des cercueils ? Le deuil national est une bonne idée, mais faut-il encore penser aux survivants.
Pas trop facile la vie de la femme à la campagne
La femme à la campagne, on en parle souvent mais superficiellement. Ses difficultés, son analphabétisme, son ignorance des fondamentaux de la vie etc. Seulement, nous n’allons pas à sa rencontre pour comprendre la complexité du monde dans lequel elle vit.
Adèle Mukandanga, elle est née et grandi à la campagne. Elle s’est mariée à 17ans, après avoir échoué deux fois le concours national, donnant accès à l’école secondaire.
Depuis son mariage, il y a de cela 8ans, elle a vécu au delà de ce que l’espèce humaine peut supporter. Mariée à un homme de 20 ans son aîné, elle met au monde un enfant chaque année parce que son mari ne veut pas entendre de parler d’espacement des naissances.
Sur cette photo, elle va au champ. Comme elle marche longtemps avant d’y arriver, elle laisse sa houe chez des amis. Un enfant sur le dos, et enceinte de deux mois, elle prends avec elle le peu de provision qu’elle trouve, et attache sa chèvre qui va brouter à côté du champs. Sa fillette de cinq ans l’accompagne avec deux bidons à la main, pour pouvoir rentrer avec de l’eau de rivière. Elle n’a pas été à l’école, malgré la gratuité de la scolarité pour les enfants, parce que c’est le seul soutien que sa mère a. Après le champs le soir, Adèle rentre avec du bois de chauffage pour préparer le repas du soir. Elle ira au lit tard dans la nuit après avoir préparé les provisions du lendemain. Et le train de vie continue.
Ce qui est intéressant est de savoir ce que son cher mari fait pendant que la femme va aux champs: il joue aux cartes avec ses copains sur la place public à longueur de journée; et attends que la nuit tombe pour aller manger ce que sa femme a préparé.
Adèle n’est pas la seule femme dans ces conditions, elles sont plusieurs au Burundi comme partout dans le monde. Et dans la plupart de cas, après tous ces corvées, elles sont battues pour un oui, pour un non. ” Et vous demander à la femme rural d’évoluer, de s’instruire et de participer au développement du pays? Tout passe par la prise de conscience de l’homme.”
Mon pays va mal
Je suis heureuse de retrouver mes amis les bloggeurs. J’ai mis un peu de temps sans travailler sur mon blog à cause d’un certains nombre de facteurs, mais le plus important étant que la situation socio- politique du pays n’était pas bonne. Je ne dis pas que je reviens parce qu’elle s’améliore, mais plutôt parce qu’elle s’empire. Je me suis rappelée en fait qu`il y a un autre espace d’expression ou au moins on peut échanger avec les autres et trouver des réconforts. C’est drôle ce que ce genre de situation peut nous faire perdre la tête au point d’oublier l’essentiel. Je veux dire tout simplement que le climat politique au Burundi donne des migraines. Emprisonnement par ici, harcellement judiciaire voir des menaces de mort à l’endroit des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes, des opposants politique par là, dégradation de la situation sécuritaire etc.La relation entre le tribunal spécial et la CVR : Encore un point de divergence entre le gouvernement de Bujumbura et les NU
Où réside exactement la pomme de discorde entre les parties en négociation ? C’est justement le plus intéressant parce que jusque là cette question fait objet de négociation entre le gouvernement du Burundi et la délégation des Nations Unies.
Pourquoi le pouvoir de Bujumbura serait il retissent par rapport à la mise en place d’un tribunal spécial ? Difficile de l’imagine mais déjà la question soulève la polémique dans les milieux politiques burundais.
Les Nations Unies et le gouvernement du Burundi ont franchi une étape dans la mise en place des mécanismes de justice transitionnelle certes, mais cette divergence sur un point aussi crucial de ce mécanisme ne manque pas d’inquiéter plus d’un.
Le retard qu’a déjà accusé le début démarrage des consultations populaires devra se répercuter sur le reste du calendrier. Et si on s’en tient aux chiffres, elles se termineront vers le mois de juin 2009, en pleine campagne électorale. Certains membres du comité tripartite sont pessimistes. Joseph Ndayizeye par exemple pense que le processus devra s’arrêter à un certain moment pour que le processus électoral puisse continuer. Il estime que l’important aura été que la machine de la justice transitionnelle soit en marche ; les autres instruments pourront être mis en place au fur et à mesure même après le processus électoral.
Chercher la vérité : comment et pour quoi en faire ?
Le Burundi s’est lancé depuis un certain temps sur le chemin des préceptes en vogue de justice transitionnelle. Les experts de ces théories vous diront qu’il s’agit des mécanismes utilisés dans des pays poste conflit, pour connaître la vérité et réconcilier les peuples.
Depuis quelques années, on a souvent entendu des commissions vérité et réconciliations créées dans des pays qui sortent des conflits, en vue d’aider les peuples à s’exprimer sur les atrocités commises dans leur entourage. Ailleurs, comme au Rwanda, ils ont opté pour la création des institutions judiciaires internationales. Dans les deux cas il s’agit de la recherche de la vérité, sauf que pour le 2ème cas il faut ensuite juger les crimes. De la création du TPIR en passant par le tribunaux locaux Gacaca au Rwanda, jusqu’au processus de mise en place de la commission vérité et réconciliation et du tribunal au Burundi, il manque un maillot à la chaîne.
Le TPIR tout comme les autres tribunaux internationaux, s’intéresse à ce qu’ils appellent dans le jargon onusien des « gros poissons », ce qui est une bonne chose. Seulement la victime n’y a pas sa place à proprement parler. Elle peut témoigner et tout s’arrête là. La réconciliation non plus n’a pas de place au TPIR quand on sait que ce tribunal créé par les NU après le génocide rwandais a emporté plus de 800000 victimes. Les plaies sont toujours ouvertes dans les cœurs de survivants, et des familles des victimes, et la réconciliation est plus qu’importante.
Au Burundi on a opté pour un double mécanisme. Une commission Vérité et Réconciliation et un tribunal spécial. Le tribunal jugera certes quelques gros poissons. Mais le problème reste. Quelle sera la relation entre le tribunal spécial et la CVR en d’autres mots qu’est ce qu’on fera de la vérité qu’aura découvert la CVR ?
Le pouvoir de Bujumbura semble pencher beaucoup plus sur le pardon et la réconciliation, quand on sait qu’il y a des crimes inamnistiables qui ont été commis au Burundi. Cela a été concrétisé d’ailleurs par la libération de ce que le gouvernement de Bujumbura a appelé en 2006 les prisonniers politiques, alors que la justice les avait condamné pour la plupart pour les massacres de 1993. L’argument était que la justice à l’époque était presque mono ethnique et que les procès n’avaient pas étaient équitables. C’est peut être vrai, mais la libération des milliers de gens qui somme toute ne sont pas tous innocents, ne manque pas de créer des frustrations de la part des victimes.
L’autre défi à la recherche de la vérité au Burundi concerne la période sur laquelle va travailler la CVR et le Tribunal spécial. De l’indépendance du Burundi en 1962 jusqu’aujourd’hui, nous sommes partis pour presque cinquante ans. Comment chercher une vraie vérité sur une période aussi longue ? Et puis si on prend les seules périodes de 1972 et 1993, chaque communauté ethnique du Burundi a sa vérité. Les hutus parlent de génocides de hutus en 72, les tutsi parlent de répression. En 1993, les tutsi estiment qu’il y a eu un génocide perpétré contre leur ethnie, les hutu de leur côté trouvent qu’il s’agissait d’une manifestation de colère liée à l’assassinat du président Ndadaye. Où est la vérité dans tout cela ? C’est le défi majeur de la CVR.
Il faut peut être pas laisser de côté le fait que pour le cas du Burundi, certains responsables des crimes ont toujours une parcelle de pouvoir. La commission ou le tribunal spécial devra attendre longtemps avant de les voir comparaître.
La population burundaise ne s’exprimera pas sur la relation entre le tribunal spécial et la CVR.
Le projet de consultation populaire en vue de la mise en application des mécanismes de justice transitionnelle au Burundi démarre à partir de la semaine du 12 juillet 2008 après de longs mois de tractation entre les parties en négociation (le gouvernement burundais et les Nations Unies).
Lancés officiellement le 7 novembre 2007 par le président de la république, les travaux du comité tripartite (Nations Unies, gouvernement et société civile) devait entrer directement dans la phase préparatoire. Mais cependant, ce lancement avait précédé tous les préparatifs nécessaires pour démarrer un tel projet. IL a fallu attendre 8mois pour qu’enfin l’enveloppe puisse être débloqué.
L’attente a été longue certes, mais l’enjeu était de taille. La population pourra bientôt dire ce qu’elle attend de ces mécanismes de justice transitionnelle au Burundi. Cependant, leur apport ne se limitera que sur des considérations moins pertinentes par rapport au processus. L’accord cadre entre le gouvernement burundais et les Nations Unies portant création et définition du mandat du comité tripartite en charge des consultations nationales sur la justice transitionnelle au Burundi stipule, dans son chapitre III, point 10 que :
« Le comité ne soulèvera pas de question en cours de négociation entre le gouvernement du Burundi et les Nations Unies, notamment la relation entre la commission vérité et réconciliation et le tribunal spécial, ni l’opportunité de l’une ou l’autre mécanisme, ainsi que des questions qui pourraient être porte faux avec le droit international. »
Dans un pays meurtri par plus d’une décennie de guerre civile où une grande partie de la population a été touchée d’une manière ou d’une autre par les violations massives des droits de l’homme, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide la vérité est un impératif. Et pour connaître cette vérité il faut que les gens soient libres de s’exprimer sur les tenants et les aboutissants de ces mécanismes de justice transitionnelle.
Pourquoi les populations victimes de la trilogie des crimes ne s’exprimeraient pas sur ce que devraient être, selon elles, la relation entre le tribunal spécial et la CVR ? Est-ce une commission chargée en partie de réconcilier les burundais sans qu’ils soient associés à ce mécanisme ?
Il y a lieu d’être pessimiste par rapport aux résultats de ce genre de mécanisme qui exclut la participation des concernés, surtout pour des questions aussi sensibles comme la justice, le pardon et la réconciliation.
Un des membres du comité tripartite Joseph Ndayizeye de la société civile, estime d’ailleurs que leur travail ne sera pas facile si on empêche à la population se s’exprimer sur les questions aussi sensible que la relation entre le tribunal spécial et la CVR.
Chasse « aux expat » ou règlement de compte ?
Tout le monde se pose la question mais la réponse semble plus évidente depuis ce lundi soir. Qui aurait voulu s’en prendre aux deux fonctionnaires des NU qui rentraient tranquillement chez eux et qui n’était même pas sur la même trajectoire ? Ce est qui est sur est que les deux attaques ont été menées de façon simultanée.
Le rwandais Vincent Kayijuka « strategic planning officer » au BINUB, a été attaqué alors qu’il était sur la route Rumonge en allant vers chez lui à Kinindo. Une grenade lancée par une personne roulant à moto a touché la vitre arrière de son véhicule de service. L’auteur de l’attentat n’a pas eu le temps de viser sa cible parce que les deux engins étaient en mouvement. C’est ce qui a sauvé la vie à l’expat rwandais. Son collègue l’éthiopien Teklé Kidane lui dépassait légèrement l’hôtel méridien, sur la route menant vers l’entente sportive lorsqu’il a essuyé les éclats d’une grenade lancé là encore par un motard.
L’affaire renvoi aux divergences existantes depuis un certain temps entre le BINUB et ses anciens employés sur la rupture de leurs contrats. Trois manifestations avaient été organisées par ces anciens employés tout près des bureaux du BINUB mais avaient été repoussé par la police. L’une d’elles a d’ailleurs failli tourner au vinaigre parce que les manifestants ont cassé à coup de pierres des véhicules de cette organisation. Depuis là le service chargé de la communication du BINUB avait sorti deux communiqués de presse pour tranquilliser les anciens employés que leurs cas seront traités individuellement. Mais jusque là rien ne filtrait sur ce dossier.
L’affaire semblait des plus ordinaire pour moi, parce que dans un pays post conflit comme le notre on voit des réactions et des comportements des plus bizarre. Mais ce qui a réveillé mon attention, c’est un commentaire d’un collègue qui paraissait d’un coup être une plaisanterie de mauvais goût. Il disait que quelqu’un l’a appelé le matin pour lui dire qu’il veut faire une déclaration sur l’attentat sur les deux expat du BINUB. Le collègue disait qu’il lui a demandé ce qu’il voulait dire, et qu’il lui a répondu qu’il veut revendiquer l’attentat, que c’est bel et bien les anciens employés du BINUB qui l’ont fait et qu’ils sont prêt à recommencer.
J’avais déjà entendu et vu des criminels sans scrupule mais là c’est dépasser la limite de la provocation. Que des gens soient désespérés dans la vie jusqu’à vouloir se suicider en emportant ceux qu’ils rendent coupable de leur misère….ça c’est trop fort.
Les expat du BINUB seraient donc dans le collimateur des anciens employés ? La thèse semble tenir la route parce que pour ces pauvres jeunes gens licenciés et chômeurs jusque là pour la plupart, il s’agit d’une question de vie ou de mort.
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